samedi 28 mai 2016

vue de l'exposition "MOI"





L’architecture est un bien commun, un espace consacré au groupe.
25 collégiens dessinent au même moment, le même angle de vue de leur cour de récréation.
Aucun ne dessine la même chose.
Tous y projettent des choses différentes comme si le réel n’était qu’une base à interpréter.
On peut se poser la question de savoir comment l’espace bâti pour un ensemble de personnes devient une construction commune.

Partager des valeurs, penser au bien-être commun, avancer avec bienveillance… Mieux qu’hier encore, partout aujourd’hui, les peuples se réveillent et demandent un monde plus généreux.
Paradoxe.
On vit à l’heure de l’individualisme, du « Moi » qui s’affiche au-dessus des autres et des laissés pour compte.

Au travers du thème des 7 pêchés capitaux, travaillé en atelier avec les élèves, on essaie de mesurer ce paradoxe.
Les collégiens répondent au thème en jouant à l’interpréter.
Ils ont voté pour décider les titres des 7 sculptures de bois sorties de mon atelier.
Les élèves ont reconnu pour chacune, l’image d’un pêché particulier. Ces sculptures sont des maquettes d’architecture. Toutes sont érigées au-dessus d’un petit arbre, elles ont une hauteur démesurée, impossible. Elles sont l’image du fantasme et du vide.
Elles parlent d’une quête individuelle et donc d’une architecture sans but.

Quelles sont les expressions de l’orgueil, la colère, l’envie, la paresse, la gourmandise, la luxure et l’avarice? Quelles pourraient en être les revendications?

L’espace d’exposition dans le collège est rempli de slogans revendiquant la place du moi :
« Je suis meilleur que les autres »…
Peut-on y reconnaître les messages politiques et publicitaires avec lesquels nos enfants grandissent ?



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